jeudi 20 juin 2013

Papillon

Titre original : パピヨン-花と蝶- (Papillon - Hana to Chô)
Titre français : Papillon
Mangaka : Miwa Ueda
Année de création : 2007
Genre :  Shôjo, school life, romance
Pays : Japon

Magazine de prépublication : Bessatsu Friends
Maison d'édition japonaise : Kodansha
Maison d'édition française : Pika Edition
Nombre de volumes parus (série terminée) : 8
Date de publication en France : 2012

Résumé :

Ageha et Hana sont deux jumelles diamétralement opposées. La triste Ageha est transparente aux yeux des autres, et la joyeuse Hana attire l’attention de son entourage. À cela s’ajoute le fait qu’Ageha aime secrètement Ryûsei, son ami d’enfance qui fréquente le même lycée. Conseillée par un mystérieux jeune homme, elle décide de tenter sa chance, mais Hana, déterminée à ne pas lui laisser Ryûsei, lui met en premier le grappin dessus !


Ma critique :

Un bon shôjo que je ne pensais pas autant apprécier. Il se distingue notamment par le fait que nous suivons l'aventure de deux jumelles qui semblent avoir toutes les deux un complexe d'infériorité vis-à-vis de l'autre. Nous suivons Ageha qui se sent inférieure à sa soeur car elle fut élevée par sa grand-mère tandis que sa soeur restait avec ses parents. Face à cette situation, elle a toujours eu l'impression d'être une étrangère aux yeux de ceux-ci, mais en est-il vraiment ainsi ? L'histoire débute avec Ageha qui rencontre le psychologue stagiaire de son école, un jeune homme attrayant qui lui dit de croire en elle et d'assumer son amour pour Ryûsei, son ami d'enfance. Il lui propose par exemple de crier "je veux sortir avec Ryûsei" ce que la jeune fille n'hésite pas à faire à la surprise du psychologue. Peu après, le lycée va connaitre son histoire mais rien de négatif n'en ressortira, puisque le sgens vont avoir tendance à l'approcher et elle va ainsi se faire de bonnes amies. Grâce aux conseils de Kyuu-chan, Ageha - renommée chrysalide car son prénom signifie papillon (notons que sa soeur Hana a un prénom qui signifie fleur ^^ Quels parents poétiques !) - va commencer à changer petit à petit et essayer de se rapprocher de Ryûsei. Mais c'ets sans compter sur les manigances de sa soeur Hana qui sort avec Ryûsei dès qu'elle a connaissance de l'amour de sa soeur. Ageha, démoralisée va trouver du réconfort auprès des conseils de Kyuu-chan. Est-elle vraiment amoureuse de Ryûsei ?
Des graphismes très soignées, du bishônen à volonté... Que demande le peuple ? Ah ce cher Kyuu-chan, dès le début, on sait qu'il va avoir un rôle important ^^ J'aime beaucoup l'évolution de sa relation avec "Chrysalide", je les trouve trop mignons tous les deux ! Même si Ageha m'a énervée quelques fois, en arrivant toujours aux mauvais moments et en se faisant pleiiiin de films (mais les scènes mignonnes qui s'ensuivent m'ont vite réconciliée avec elle ^^). L'amour et les relations fraternelles sont vraiment au coeur du manga, parce qu'en plus de suivre les aventures amoureuses d'Ageha, on découvre les relations tumultueuses qu'elle entretient avec Hana. Le deux filles sont convaincues que l'autre lui a pris ce qu'elle a de plus cher, et Hana fait mener une vie infernale à Ageha, parce qu'en tant que jumelle, elle s'amuse parfois à prendre sa place pour provoquer des qui-pro-quo... Quelle peste ! Elle me fait penser à la soeur d'Alice dans Alice 19th (Yû Watase)...
Et puis, "Chrysalide" est un surnom qui sied à merveille à Ageha. Parce qu'entre le début et la fin du tome 1, elle change radicalement, et encore plus dans les tomes suivants. Quelle métamorphose ! On a hâte de la voir se transformer en "Ageha" (=papillon).

Un shôjo très mignon que j'ai dévoré en quelques jours ! Avis aux amatrices de romance et un peu fleur bleue. Les 8 tomes s'enchaînent à une vitesse folle ! Je crois que ce manga se rapproche très fortement du coup de coeur (sachant que je place la barretrès très haute quand il s'agit de mangas).

Princess Jellyfish

Titre original : 海月姫 (KurageHime)
Titre français : Princess Jellyfish
Mangaka : Akiko Higashimura
Année de création : 2009
Genre :  Jôsei, romance, comédie
Pays : Japon

Magazine de prépublication : Kiss
Maison d'édition japonaise : Kodansha
Maison d'édition française : Akata (Delcourt)
Nombre de volumes parus au Japon : 11
Nombre de volumes parus en France : 8
Date de publication en France : 2011

Existe en anime : Oui

Résumé :

Tsukimi Kurashita, fan hardcore de méduses, s’installe à Tokyo avec le projet de devenir illustratrice. Elle emménage dans la résidence Amamizu qui a la particularité de n’être habitée que par des filles otaku, et bien évidemment, d'être interdite aux hommes ! Alors qu’un soir, Tsukimi sort pour rendre visite à une adorable médusette enfermée dans un minuscule aquarium, son destin va être bouleversé par sa rencontre avec une fille bien trop « fashionable » pour être vraie !


Ma critique :


Un manga très amusant qui raconte la vie des "amar" de la résidence Amamizu, ces filles
que l'on qualifie de "moisie" car elles se consacrent pleinement à une passion peu commune. Une des règles de la résidence est de n'amener aucun garçon ! Sauf que voilà, Tsukimi, notre héroïne qui a une passion pour les méduses, va s'approcher de trop près d'une "humanus coquetta" et découvrir qu'il ne suffit que d'une perruque et d'un peu de rembourrage pour se faire passer pour une fille. Kuronosuke, quant à lui, s'ennuie un peu. Fils d'un politicien et plein de succès auprès des filles, il trouve en Tsukimi - qui semble avoir peur de lui comme toute bonne amar qui se respecte - une personnalité attachante et peu ordinaire, et il décide de passer du temps avec elle afin de s'amuser : comme la relooker par exemple afin qu'elle ressemble à une jeune fille de bonne famille. C'est sans compter son frère Shô, qui trouve en la Tsukimi transformée une personne très pure.
Problème dans ce petit monde presque parfait : la résidence Amamizu est vouée à être détruite pour un projet immobilier, il faut donc trouver des fonds pour pouvoir l'acheter, ce que s'entête à faire Kuronosuke qui a trouvé un endroit où passer le temps. Et quoi de plus créatif que les méduses ? :)

Ce manga n'est pas un shôjo, mais un jôsei (jôsei est un genre qui se destine plus pour la jeune adulte, la femme au foyer). Cependant, il peut aussi bien se lire comme un shôjo, je le placerais plus entre les deux (surtout quand on compare avec d'autres jôsei). Les graphismes sont d'un style très différent de ce que l'on a l'habitude de lire, c'est d'abord ce qui m'a un peu rebutée, je trouvais que ça ressemblait beaucoup au manga Lollipop. Mais comme pour celui-ci, j'ai tenté le coup, et j'ai adoré.
La particularité de ce manga n'est pas cette histoire d'amour complexe entre Kuro et Tsukimi, elle réside plutôt dans l'humour dégagée par ce manga. En effet, on trouve vraiment des phénomènes dans ce livres ! Les amars à elles seules se suffisent : on a une fanatique de trains, une fanatique des "vieux", une fanatique des poupées et kimono traditionnels, et une fanatique de la période historique des 12 dragons (je crois), ainsi qu'une mangaka de Boy's Love ui ne communique que par des feuillets au travers la porte de sa chambre. Les réactions assez atypiques de ces personnages auront peut-être tendance à énerver un peu au début, mais on s'y habitue tellement vite, et ce serait tellement dommage de ne pas les voir beaucoup avec leurs réactions poussées à l'extrème (la fanatique d'histoire me fait beaucoup rire à toujours crier et faire des gestes).

En résumé : un excellent manga, une très bonne découverte que je suis heureuse d'avoir faite. Il me tarde de lire la suite !

mercredi 19 juin 2013

Bansenshûkai suivi de 100 poèmes Ninja

Titre original : 萬川集海 - Bansenshûkai
Traduction : Dix mille rivières se rassemblent dans la mer (équivalent de notre "les petits ruisseaux font les grandes rivières")
Titre français : Bansenshûkai suivi de 100 poèmes Ninjas
Auteur : Yasutake Fujibayashi, Ise Saburô Yoshimori
Traduit par : Axel Mauer
Année de création : 1676
Genre : Japon, Ninja, Histoire
Maison d'édition française : Albin Michel
Date de publication en France : 2013

Résumé :

Dans le Japon traditionnel, l'art de la guerre ainsi que les rapports sociaux étaient officiellement régis par le bushidô, le code d'honneur des samouraïs ; mais le bushidô avait un pendant plus secret : l'art du ninjutsu. Les ninja, experts en infiltration, renseignement, espionnage et contre-espionnage, s'ils n'étaient pas tenus par le bushidô, n'en possédaient pas moins des valeurs et une tradition qui les distinguaient des simples voleurs. Leur art, invisible autant qu'indispensable, se transmettait au sein d'écoles secrètes et se fondait sur quelques rares manuels écrits en langage codé. 

Le Bansenshûkai, rédigé par le maître ninja Fujibashi Yasutake en 1676, est le plus monumental et le plus révéré de ces recueils, aux côtés du Shôninki. Resté secret jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il traite en 10 cahiers des techniques d’espionnage, de la fabrication des explosifs, etc., mais aussi des principes éthiques et spirituels du ninjutsu dans ses deux premiers cahiers, qui sont traduits ici par Axel Mazuer, auquel on doit déjà la traduction du Shôninki. L’ouvrage est complété par un autre classique de la littérature ninja, les 100 poèmes de Yoshimori. Cette version commentée du Bansenshûkai, enfin disponible en français, intéressera autant les amateurs d'arts martiaux et de stratégie que les passionnés de culture japonaise.

Ma critique :

Merci aux éditions Albin Michel et à Babelio grâce à qui j’ai pu lire le « Bansenshûkai suivi de 100 poèmes Ninjas » dans le cadre du dernier masse critique. J'en fus très heureuse puisque ce fut mon premier choix dans la liste : la couverture et l'aspect tradition du Japon étant mis en avant, je ne pouvait que m'y arrêter ! 

Et ce ne fut pas une déception, loin de là ! 
Le Bansenshûkai est un recueil qui reprend tout ce qu'il y a à savoir sur les ninjas, le ninjutsu et le code d'honneur de ceux-ci, le nindo. on ne parle pas ici de samuraï, puisqu'on insiste bien pour les différencier, que le samuraï vit et meurt pour l'honneur de son maître, tandis que le ninja a le devoir de suivre ce qui lui semble juste et vivre et mourir pour ça.
Ce livre aborde les 3 premiers cahiers du Bansenshûkai, qui correspondent au code moral du ninja, en abordant les difficiles questions de la vie et de la mort, en passant par les 5 éléments (j'ai remarqué beaucoup de "5 ..." dans ce livre) et par ce qui constitue le ninjutsu. On parle beaucoup des traditions d'époques, avec une explication quant aux origines chinoises.
J'ai par ailleurs trouvé très intéressant que les caractères et mots soient bien expliqués et traduits, car nous ne sommes pas tous bilingue français/japonais, ce qui peut aider. et on peut retrouver plusieurs sens pour chaque caractère (j'ai pu m'amuser à en reconnaitre quelques uns). 

Le Bansenshûkai aborde beaucoup de thèmes relatifs à l'époque tout en passant par une période historique (on parle de plusieurs ères, comme l'ère Sengoku, l'ère Edo, etc.). On retrouve beaucoup de personnalités historiques à travers ce roman (Ieyasu Tokugawa, Oda Nobunaga, Uemura Jenshin, etc.). Toutes ces pensées philosophiques passent par plusieurs courants, comme le confucianisme (Confucius est énormément cité dans l'ouvrage) et le taoïsme (on reprend beaucoup l'Art de la Guerre et d'autres ouvrages de référence chinois). J'ai beaucoup aimé cet aspect assez philosophique en fin de compte et je ne me suis pas ennuyée un seul instant pendant cette lecture ! 
Mon seul regret, c'est qu'il n'y ait pas les autres cahiers ^^ J'aurais bien aimé lire les cahiers qui abordent les techniques ninjas, comme l'infiltration, la stratégie, etc. Mais lire ce qui concerne le ninjutsu et Shôshin (Droiture de l'esprit, "shin" voulant dire le coeur, ici veut dire "esprit") fut très très intéressant.
Un fait intéressant à noter est que c'est la première fois que le Bansenshûkai est édité et traduit en dehors du Japon. Merci au traducteur !


Suite au Bansenshûkai, on trouve un recueil de 100 poèmes ninjas, qu'on suppose de Yoshimori (au moins la plupart). La forme de ces poèmes est en 5-7-5-7-7 (syllabes), ce qui en fait un peu l'ancêtre du Haïkus, qui n'a gardé que 5-7-5. Pour notre grand plaisir, ces poèmes sont d'abord écrits en romaji (la transcription des caractères japonais avec notre alphabet) puis traduit ensuite en français (pour moi qui essaie d'apprendre le japonais, c'est intéressant !). Un poème correspond à une page, ce qui fait des pages très aérées et très agréables à la lecture. Chaque poème retrace un passage de la vie du shinobi, que l'on pourrait aussi bien utiliser que le Bansenshûkai.

Un exemple de poème ninja :

Kakoide ni
Karasu no koe no
Kikoyuru wa
Han naruzo yoki
Chô wa tsutsuhime

Au sortir de la demeure
Cris du corbeau
En nombre impair bon augure
En nombre pair mauvais augure

Un passage du Bansenshûkai que j'ai beaucoup aimé :

"Il en est de même pour le shinobi talentueux : sa sagesse est immense comme le Ciel, et il tire les ficelles dans l'ombre. On ne peut donc l'appréhender. Quand on le croise, il apparaît comme un homme sans intelligence. Son secret est solide comme la Terre et profond comme un gouffre, si bien que notre perspicacité ne le mettra jamais au jour."